
Bernard Blier
Acteur français
Né le 11 Janvier 1916
à Bueno Aires, Argentine
Décédé le 29 Mars 1989 à Neuilly, France
© Collection Christophe L.
Biographie:
Bernard Blier, comédien français, né à
Buenos Aires le 11 janvier 1916, sa famille résidant alors
en Argentine où son père, biologiste à
l'Institut Pasteur, était en mission. Etudes à Paris
au lycée Condorcet puis cours d'art dramatique chez Julien
Bertheau et Raymond Rouleau. Ce dernier le fait débuter
à l'écran en 1937 dans TROIS, SIX, NEUF.
Refusé trois fois au conservatoire Bernard Blier rencontre
Louis Jouvet qui lui conseille de persévérer.
Reçu au conservatoire il entre dans la classe de Jouvet.
Toujours sur les conseils de Jouvet il fait du théâtre
: "Mailloche ", " l'Amant de Paille"... Marcel Carné lui
confie un rôle important dans HOTEL DU NORD. Il commence
à s'imposer lorsque la guerre éclate.
Mobilisé, prisonnier, il s'évade et revient à
Paris où il retrouve plusieurs amis cinéastes dont
Christian-Jaque. Il reprend le chemin des studios et refait du
théâtre de façon régulière. En
1947, grâce à Clouzot QUAI DES ORFÈVRES et
à Yves Allégret DÉDÉE D'ANVERS il
devient un acteur de tout premier plan. MANÈGES (b) et enfin
L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE achèvent d'affirmer son
talent. Bernard Blier après ses. remarquables compositions
dans QUAI DES ORFÈVRES, MANÈGES, L'ÉCOLE
BUISSONNIERE, est devenu un acteur fort sollicité aussi bien
par le cinéma que par le théâtre. Son type
d'homme le cantonne alors dans des emplois de maris trompés
et d'amoureux bafoués. André Cayatte avec AVANT LE
DÉLUGE et LE DOSSIER NOIR lui offre alors des rôles
dramatiques marquants, rôles qui le font découvrir par
les cinéastes italiens. Dès lors Bernard Blier va se
partager entre la France et l'Italie. En 1959 il est l'une des
vedettes de l'admirable film de Monicelli LA GRANDE GUERRE. Plus
tard il déclarera : "C'est grâce à LA GRANDE
GUERRE que les Italiens m'ont adopté comme l'un des leurs".
C'est en effet l'Italie qui lui offre alors des emplois
remarquables sous la direction - entre autres - de Lizzani,
Visconti et Corbucci. Toujours dans les années 1959-1960 il
tourne avec un jeune réalisateur français, Georges
Lautner, dont il ne tarde pas à devenir la vedette
fétiche. Depuis déjà quelques années
Bernard Blier apparaît comme un comédien de tout
premier plan au sein du cinéma français. En Italie il
est également un acteur recherché. Dans ces deux pays
il tourne régulièrement tout en ne délaissant
pas le théâtre (en France). C'est alors que Bernard
Blier, se souvenant des déclarations que lui fit - jadis -
le grand Jouvet, déclare: " Parlant des répliques
Jouvet avait raison quand il disait : C'est dans le superficiel
qu'elles sont profondes () Toi tu commenceras ta carrière
à cinquante ans, me répétait-il toujours. Il
ajoutait : Prends ton temps. J'ai toujours suivi ses conseils. J'ai
passé ma vie à observer les autres, en m'amusant des
travers de chacun. " (Déclarations faites au Journal du
Dimanche le 18 mai 1975). De Lizzani à Visconti, de Lautner
à Audiard, de Pierre Richard à Robin Davis en passant
par son fils Bertrand, Bernard Blier se souvient des leçons
de Jouvet. CE CHER VICTOR en est une preuve flagrante. Très
amaigri, à bout de forces mais chaleureux, souriant et
bonhomme tel que l'écran l'avait si souvent
révélé, Bernard Blier apparut pour la
dernière fois en public le 4 mars 1989. sur la scène
de l'Empire, lors de la cérémonie des Césars.
Debout l'assistance ovationna longuement le comédien
à qui Michel Serrault, larmes aux yeux, venait de remettre
le César d'Honneur qui couronne sa prestigieuse
carrière. Puis, avec sa modestie coutumière et
après un ultime salut Bernard Blier disparut en coulisse.
Quelques jours plus tard, le 29 mars, à Saint-Cloud,
s'éteignait celui qui fut, durant un demi-siècle, le
plus populaire des grands seconds rôles du cinéma
français. Depuis ses débuts, en 1936, il n'avait
pratiquement jamais cessé de travailler et venait
après au moins 180 films, d'ajouter à sa filmographie
un dernier titre, italien, dont la traduction pourrait être,
avec quelle ironie. " Un éclat de vie " ! En novembre 1987,
il avait d'ailleurs prévenu un journaliste qui
l'interrogeait sur son éventuelle retraite : "Ah, non ! Si
j'arrête, c'est que je suis mort ! " (" La revue du
cinéma ", n°440). Bernard Blier avait tourné
vingt-et-un longs métrages dans la dernière
décennie de sa carrière, le plus souvent
au-delà des frontières de l'Hexagone. Onze de ces
films furent en effet dirigés par des cinéastes
italiens - " les Italiens sont superstitieux et se sont mis dans
l'idée que je portais bonheur, mais il y a des films que
vous n'avez jamais vus ()grâce au ciel ! " (ibid) - et deux
autres par le Polonais Wajda et le Yougoslave Petrovic. Quant aux
cinéastes français, ils
préférèrent exploiter de l'acteur sa rondeur
bon enfant et sa verdeur rabelaisienne, lui confiant surtout ces
rôles comiques où, d'ailleurs, il excellait: ainsi
l'inénarrable émir Abdullah de PÉTROLE!
PÉTROLE J.B. Cobb. le magnat de la production
cinématographique (JE HAIS LES ACTEURS) et Alexi, le
ministre soviétique que titillent les sirènes du
capitalisme (TWIST AGAIN A MOSCOU); ou encore le vieux major
homosexuel d'ADA DANS LA JUNGLE et le truculent Saltiel, le graveur
sur marrons et os de poulet de MANGECLOUS. Le comédien est
réservé sur le bien-fondé de cette image de
bon vivant : "Le côté rabelaisien ne me ressemble pas
du tout". (Ibid). Sans doute se sentait-il plus proche du
gouverneur tsariste, défenseur de l'ordre établi,
qu'il a interprété dans LES POSSÉDÉS et
plus encore, du Staplin cauteleux et féroce acharné
à la perte de Frank Poupart/ Patrick Dewaere (SÉRIE
NOIRE) ou de cet inspecteur de police assassin créé
pour lui dans BUFFETFROID par le cinéaste qui le
connaît le mieux, Bertrand Blier, son fils. Quoi qu'il en
soit de ses légitimes regrets -" _f aimerais créer un
type d'emploi tenu avant par des gens comme Raimu ou Harry Baur. Je
peux les jouer maintenant mais on ne les écrit pas. " ("
Studio Magazine ", n' 26) - le fait que même la
Télévision soviétique ait annoncé sa
mort dit bien l'extraordinaire popularité, en France comme
à l'étranger, d'un comédien qui ne manquait
pas une occasion de rappeler: "Je n'ai jamais été une
star ! " Sans doute est-ce la raison pour laquelle tant de
spectateurs, de par le monde, l'ont reconnu et aimé comme un
des leurs. En 1989, quelques mois après sa disparition, sa
femme Annette Blier et Claude Dufresne, publièrent un livre
de souvenirs intitulé, tout simplement " Bernard Blier "
(Editions Solar).
Filmographie :
1937 - Gribouille
1937 - Le messager
1937 - La dame de Malacca
1937 - L'habit vert
1938 - Hôtel du Nord
1938 - Place de la Concorde
1938 - Double crime sur la ligne Maginot
1938 - Entrée des artistes
1938 - Altitude 3,200
1938 - Accord final
1939 - Le Jour se lève
1939 - Quartier latin
1939 - Nuit de décembre
1941 - L'Enfer des anges
1941 - Premier bal
1941 - L'Assassinat du Père Noël
1941 - Le Pavillon brûle
1942 - La Femme que j'ai le plus aimée
1942 - La Symphonie fantastique
1942 - Le Journal tombe à cinq heures
1942 - Romance à trois
1942 - La Nuit fantastique
1943 - Marie Martine
1943 - Domino
1943 - Je suis avec toi
1944 - Les Petites du quai aux fleurs
1945 - Farandole
1945 - Carmen
1945 - Seul dans la nuit
1945 - Monsieur Grégoire s'évade
1946 - Le Café du Cadran
1947 - Quai des Orfèvres
1947 - Dédée d'Anvers
1948 - L'École buissonnière
1948 - D'homme à hommes
1948 - Les Casse pieds
1949 - Retour à la vie
1949 - Monseigneur
1949 - Manèges
1950 - Les Anciens de Saint Loup
1950 - L'Invité du mardi
1950 - Souvenirs perdus
1950 - La Souricière
1951 - Sans laisser d'adresse
1951 - La Maison Bonnadieu
1952 - Agence matrimoniale
1952 - Je l'ai été trois fois
1953 - Suivez cet homme
1954 - Il Letto
1954 - Scènes de ménage
1955 - Les Dossier noir
1955 - Les Hussards
1955 - Revelación
1956 - Crime et châtiment
1957 - L'Homme à l'imperméable
1957 - Retour de manivelle
1957 - Quand la femme s'en mèle
1957 - Sans famille
1957 - Les Misérables
1958 - La Bonne tisane
1958 - L'École des cocottes
1958 - En légitime défense
1958 - Le Joueur
1958 - Les Grandes familles
1958 - La Chatte
1959 - Marie Octobre
1959 - Le Secret du Chevalier d'Éon
1959 - Les Yeux de l'amour
1959 - La Grande guerra
1959 - Archimède, le clochard
1960 - Marche ou crève
1960 - L'Ennemi dans l'ombre
1960 - Il Gobbo
1960 - Crimen
1960 - Arrêtez les tambours
1961 - Le Président
1961 - Vive Henri IV... vive l'amour!
1961 - Le Monocle noir
1961 - Le Cave se rebiffe
1961 - I Briganti italiani
1962 - Les Petits matins
1962 - Le Septième juré
1962 - Les Saintes nitouches
1962 - Pourquoi Paris?
1962 - Mathias Sandorf
1963 - I Compagni
1963 - Les Tontons flingueurs
1963 - Il Magnifico avventuriero
1963 - Germinal
1963 - Cent mille dollars au soleil
1963 - La Bonne soupe
1964 - La Chance et l'amour
1964 - Les Barbouzes
1964 - Il Magnifico cornuto
1964 - La Chasse à l'homme
1964 - Alta infedeltà
1965 - Casanova '70
1965 - Una Questione d'onore
1965 - Quand passent les faisans
1965 - Les Bons vivants
1966 - Le Grand restaurant
1966 - Duello nel mondo
1966 - Du mou dans la gâchette
1966 - Delitto quasi perfetto
1966 - Bel Ami 2000 oder Wie verführt man einen Playboy?
1967 - Un idiot à Paris
1967 - Lo Straniero
1967 - Si j'étais un espion
1967 - Peau d'espion
1967 - Le Fou du labo IV
1967 - Coplan sauve sa peau
1967 - Caroline chérie
1968 - Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa?
1968 - Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
1969 - Mon oncle Benjamin
1969 - Quarta parete
1969 - Appelez moi Mathilde
1970 - Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause
1970 - Le Distrait
1970 - Le Cri du cormoran, le soir au dessus des jonques
1970 - Laisse aller, c'est une valse
1971 - Il Furto è l'anima del commercio!?
1971 - Jo
1971 - To Catch a Spy
1971 - Homo Eroticus
1972 - Le Tueur
1972 - Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil
1972 - Le Grand blond avec une chaussure noire
1972 - Elle cause plus, elle flingue
1972 - Boccaccio
1973 - Par le sang des autres
1973 - Moi y'en a vouloir des sous
1973 - Je sais rien mais je dirai tout
1973 - Les Chinois à Paris
1974 - Processo per direttissima
1974 - La Main à couper
1974 - Ce cher Victor
1974 - Bons baisers à lundi
1975 - C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule
1975 - Il Piatto piange
1975 - Le Faux cul
1975 - C'est dur pour tout le monde
1975 - Amici miei
1976 - Le Corps de mon ennemi
1976 - Calmos
1977 - Nuit d'or
1979 - Série noire
1979 - Il Malato immaginario
1979 - Buffet froid
1980 - Voltati Eugenio
1981 - Il Turno
1981 - Pétrole! Pétrole!
1981 - Passione d'amore
1983 - La Fuite en avant
1985 - Cuore
1985 - Ça n'arrive qu'à moi
1985 - Speriamo che sia femmina
1985 - Scemo di guerra
1985 - Le Due vite di Mattia Pascal
1985 - Amici miei atto III
1986 - Je hais les acteurs
1986 - Twist again à Moscou
1988 - Les Possédés
1988 - I Picari
1988 - Mangeclous
1988 - Una Botta di vita
1988 - Kinski Paganini
1989 - Ada dans la jungle
Source : Cinéma passion.
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